Le plaisir du pain grillé

Hier soir, ma copine Caro chez qui je soupais, m’a fait découvrir le pain grillé sur le BBQ.  À part le pain grillé sur le feu de bois en camping (qui goûte trop souvent la fumée!), je n’avais jamais osé le pain sur le gril – pourtant si simple comme idée!

Dans un élan de gourmandise, entre deux services, nous nous sommes coupées une tranche de pain, l’avons tartinée de beurre… et hop, sur le gril. Magnifique. La mie était croustillante en surface et moelleuse au centre. Et que dire de ce petit goût de beurre chaud! Oui, je suis en train de vous parler d’une simple tranche de pain grillé. Comme quoi les plaisirs de la vie sont souvent simples…

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Je ne me souviens plus de la dernière miche Au Pain Doré que j’ai savourée. Celle d’hier (que nous avons faite griller) m’a rappelée qu’il y avait autre chose que la baguette 36 sur leur tablette!

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Ajout 8 septembre, 2009 – Je n’ai pas pu résister! J’ajoute cette photo, reçue d’un ami amateur de pain grillé… La photo vaut 1000 mots! Merci Stéphane 🙂

pain grillé

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Le Marquis de Castelnau

Il y a quelques temps, une boulangerie s’est installée rue de Castelnau, tout près de St-Denis, Le Marquis. J’ai voulu la visiter à plusieurs reprises mais ne l’avais pas encore fait jusqu’à ce week-end. Je me suis enfin décidée à m’y rendre pour aller acheter des croissants. J’ai fait la connaissance du jeune propriétaire qui était d’une excellente humeur! J’en profite donc pour lui piquer une petite jasette et celui-ci m’invite illico à visiter son fournil. Génial. Pas tout à fait réveillée, cheveux un brin ébouriffé et Havaianas aux pieds, j’entre donc dans le lieu sacré du Marquis et me retrouve devant ce m.a.g.n.i.f.i.q.u.e  et énorme four à sole, qui doit dater des années 60. Trop gros pour entrer dans ma cuisine ai-je pensé, dommage!

De retour au comptoir, je demande au joyeux propriétaire de me proposer son pain de prédilection. Il me suggère sans hésiter ses baguettines multigrains. J’ajoute à cela un pain au chocolat noir et pur beurre nommé « Le pain de grand-mère »* (comment résister) et des croissants pur beurre (oui, pur beurre aussi!).

Le Marquis

++ La boulangerie offre également un comptoir à pâtisseries, des crêpes préparées sur place (miam), quelques charcuteries et une petite sélection de produits gourmands. Charmante boulangerie de quartier sans flafla, où il y a quelques places assises, service tout en sourire et une sélection de pains honnête // fait intéressant, ici, toutes les baguettes sont façonnées à la main…

Moi qui allait voir le Marquis pour de simples croissants du matin…1

* Je sais, je sais, une photo de mes achats aurait été sympa. Mais comme je ne maîtrise pas tout à fait l’art de la photographie, aucun cliché ne rendait justice aux pains et aux croissants. Je promets donc de faire un effort photo dans un avenir rapproché!

Un bonheur tranchant

couteau

Je vous présente mon couteau à pain. Un magnifique Giesser Messer, acheté chez Cuizin. Nous sous-estimons trop souvent l’utilisation des bons outils en cuisine. Pourtant, lorsque nous cuisinons avec les bons plats, le bon zesteur et la parfaite râpe à gingembre, notre bonheur est instantané. TTttt, je n’exagère à peine. Combien de fois avons-nous affirmé en coupant des tomates avec un couteau mal aiguisé, « faudrait ben que j’m’achète des bons couteaux… ». Et lorsque nous coupons enfin une tomate avec un couteau qui se respecte, nous regrettons de ne pas en avoir fait l’achat avant !

Alors fini les baguettes écrasées sous les dents d’un couteau incapable. Le bonheur tranchant, c’est lorsque vous n’avez qu’un lamentable effort à faire pour que les dents de votre couteau transpercent la croûte de votre miche ou de votre baguette. Et ce bonheur, aussi petit soit-il me direz-vous, je vous le souhaite…

Les boulangers en vacances, c’est casse-pied.

En vacances

On entend souvent dire que le métier de boulanger est dur. Les boulangers se lèvent aux petites heures, ils travaillent sans cesse dans la chaleur, ils transportent de lourds sacs de farine…  Le temps des vacances est donc bienvenue. Mais attention, ne part pas quand le veut un boulanger parisien… Découvrez pourquoi ici.

P.S. Merci Martin pour l’envoi de ce lien Libé-Labo… 🙂

P.P.S. Suite à ma découverte musicale d’hier (Chantale Eden), je remarque que la vidéo ci-dessous nous dévoile un autre artiste inspiré par le métier… Forcée d’admettre que le style ne me fait pas du tout !

Ça va swinger dans les fournils !

La musique est un autre sujet qui m’anime, mes proches le savent trop bien. Je ne peux donc passer sous silence cette trouvaille…

La pochette du C.D. de Chantal Eden

La pochette du C.D. de Chantal Eden

Vous brûlez tous d’envie de savoir ce que les boulangers écoutent la nuit durant dans le fournil ? Mystère résolu : ils écoutent Chantal Eden. Chantal, auteure-compositeur-interprète française, a eu l’envie d’écrite une chanson à tous les boulangers du monde (la chanson a été traduite en 7 langues, dont la version allemande Der Geschmack des Brotes) pour leur rendre hommage. J’ai lu dans le dernier numéro de La Fournée que 300 000 copies avaient déjà été vendus à des artisans européens. Ça swing donc dans les fournils !

Notez que pour seulement 6€, cet air de pain frais pourrait jouer dans votre iTunes… Est-ce que la frénésie se rendra jusqu’ici ?

Is ze brède betteur in Paris ?

Il y a près d’un an, je suis allée en vacances à Paris avec la curiosité de voir à quoi ressemblaient les traditionnelles boulangeries françaises. J’avais une semaine devant moi. Une semaine où je m’étais mise en tête de déguster le plus grand nombre de pains, de viennoiseries et de pâtisseries possibles. La veille de mon départ, je pris un souper léger. Je débarquai à Paris un dimanche matin de septembre. Il devait faire tout au plus 15 degrés. Il pleuvait et il était 7:00 lorsque de descendis à la station Pyrénées, dans le 19e. Aucun commerce n’était encore ouvert. Welcome to Paris darling !

Ma première baguette parisienne

Ma première baguette parisienne : bon o.k., rien d'exitant...

Je laissai passer la première journée de décalage horaire pour attaquer la miche le lundi matin venu… Destination : coin de la rue. Boulangerie : Banette. Sans être officiellement une chaîne, Banette est un regroupement de meuniers qui fournit la farine à plus de 3 000 boulangers indépendants en France. En retour, ces boulangers s’engagent à respecter une méthode de fabrication artisanale développée par le regroupement. On m’avait toujours dit que la croûte des baguettes françaises était plus tendre (dû au fait que la farine européenne est moins forte que la farine canadienne). Constat : Première baguette parisienne, première croûte mince craquante à la mie bien tendre. Rien à gémir de plaisir mais honnête comme produit. Le look de la baguette me rappela le bon vieux pain Cousin. Ce qui me fit penser que je devais continuer mon chemin. Ce matin-là toutefois, je sus que j’étais pour me plaire dans ma quête…

Poilâne - 8 rue du Cherche-Midi, 6e

Poilâne - rue du Cherche-Midi, 6e

Même si javais en mains une liste de boulangeries à voir, je savais pertinemment que pour une première escapade à Paris (bon, 2e, sans compter les 3 jours passés il a plus de 8 ans de cela…), je ne pouvais passer outre la visite de certaines grandes, entre autres, Poilâne et Fauchon. C’est donc avec empressement que je me dirigeai vers ma prochaine destination : rue du Cherche-Midi, là où depuis le début des années 30, réside la boulangerie Poilâne. J’étais impatiente de passer la porte de cette institution. L’étroit local présentait quelque chose de rustique.  Je sentis qu’à l’intérieur de ces murs, la tradition résidait toujours. Je jetai un coup d’œil rapide pour trouver la célèbre miche au levain de 2 kg, estampée du fameux « P » (pour Poilâne bien sûr…), dont j’avais très souvent entendu parler. Ce jour-là, je la savourai sans réserve (enfin, seulement qu’une petite portion !). Constat : mie aérienne, fine odeur de noisette. Le bonheur est dans la miche… D’ailleurs, il est possible de commander le bonheur en ligne. La miche 2 kg est reconnue pour sa qualité de conservation, elle traverse donc l’Atlantique sans soucis. Il ne vous en coûtera que 37 € pour la déguster dans le confort de votre cuisine…

La célèbre miche

La célèbre miche

La semaine passa et je m’attardai entre autres, sur les boulevards Ménilmontant et Belleville. J’y découvris des petits commerces maghrébins ainsi que le marché de Belleville. Des stands couverts étaient installés sur le boulevard – outre les fruits et légumes, on y trouva des meules de nougat, des montages de noix et plus de baklavas que je n’en aurai jamais vu ! La rue Oberkampf est tout près. Bondée de petits bistros, c’est le rendez-vous parfait pour une soirée animée – la rue grouille jusqu’aux petites heures. Bu en grande quantité dans un bar d’Oberkampf : Le Shrek – un mojito passé au mélangeur… exquis !

Fauchon - Place de la Madeleine, 8e

Fauchon - Place de la Madeleine, 8e

Revenons à nos moutons… Remise de ma soirée arrosée aux Shreks, je continuai mes visites. Métro, direction ligne 14. Prochain stop : Fauchon, Place de la Madeleine. Une autre adresse bien connue des gourmands. Ici, c’est le luxe alimentaire à son meilleur. La qualité et la variété des produits, le design des lieux, la qualité du service, tous y trouve son compte. De la charcuterie au vin, du miel aux épices, du bonbon aux fromages, les étalages sont un régal pour les yeux. Je jetai mon dévolu sur le coin boulangerie (je vous parlerai des pâtisseries dans un futur billet !). Le choix de pains est restreint, on s’en tient aux classiques : miches, baguettes, pains aux noix, pains aux olives, viennoiseries, brioches… Simple mais parfait. Je déboursai quelques euros pour un pain aux olives que je dégustai au Jardin des Tuileries en guise de collation. Constat : Me faire des collations de pains aux olives plus souvent. La simplicité a bon goût.

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La semaine passa et je restai avec des adresses dans ma poche dont Gérard Mulot (93, rue de la Glacière, 13e) et Gosselin (258, boul. Saint-Germain, 7e). Et que dire de la boulangerie Au Duc de la Chapelle (32, rue Tristan Tzara, 18e) qui s’était illustrée cette année là lors du Grand Prix de la Baguette de la Ville de Paris. Je me butai à une porte fermée la journée de ma visite ! Et bien, je devrai retourner à Paris afin de poursuivre ma quête… !

Je n’ai expérimenté que quelques boulangeries parisiennes et mon point de vue pourrait être limitatif en ce sens mais la boulangerie montréalaise (comparons des pois avec des pois) m’a semblée moins traditionnelle, dans son approche et dans son offre. À cet égard, j’espère qu’au Québec, le milieu continuera d’évoluer et de gagner en intérêt. Après tout, il n’en tient qu’à nous de changer nos habitudes et de dire Basta ! à la tranche de pain blanc !

C’est peut-être mieux ainsi…

Samedi matin. Le temps est gris. Je suis normalement de nature assez joviale mais ce matin, les blues s’emparent de moi. J’aimerais bien en finir avec cette histoire de cœur brisé et passer à autre chose. N’ai qu’une idée en tête : me payer un p’tit plaisir gourmand pour me changer les idées – allez, ressaisis toi ma fille !! Direction : rue Laurier.

En marchand sur la rue, je remarque que la Fromagerie Maître Corbeau a déménagé ses pénates au coin de la rue Chambord. Je passe mon chemin et me rends au Fromentier. Je choisis un croissant pur beurre, une ficelle au fromage et la gâterie anti-journée grisâtre : un petit pain 150 g au chocolat noir (ne dit-on pas du chocolat qu’il est le parfait remède pour les cœurs esseulés ?). Joie dans mon cœur retrouvée.

Je décide de compléter ces petites douceurs par quelques grammes de calories. Je reviens donc sur mes pas et en profite pour aller fouiner chez le Maître Corbeau. Le Maître s’appelle André Picher. Ce type est un vrai passionné. J’ai eu la chance de lui parler à quelques reprises lorsque je travaillais sur le compte des Producteurs laitiers du Canada en agence de publicité. Je me souviens très bien qu’à l’époque, il avait fait partie des gens qui m’avait éveillé sur le milieu culinaire et sur le terroir québécois.

Josie : « Dites-moi, vous allez conserver votre comptoir au Fromentier maintenant que vous avez pignon sur rue ? ».

Maître Corbeau : « Haa mais non, le comptoir de fromages où nous étions situés avant appartient maintenant au Fromentier… Le Fromentier n’a pas voulu renouveler notre bail l’an passé, alors il a fallu voir ailleurs… » (je sens ici un petit pincement au cœur…).

Josie : « Mais alors c’est parfait ici ! Vous avez votre propre espace, c’est plus grand, on vous voit de la rue… »

Maître Corbeau : « Oui bien sûr, vous avez raison, nous sommes bien installés ici…  »

Signe d’une véritable séparation : on retrouve maintenant les pains des Co’pains d’abord chez Maître Corbeau…

Les plans qui fouarent, les séparations, les fins de bail, les choses n’arrivent jamais pour rien.  Et c’est peut-être mieux ainsi !

P.S. Le petit pain au chocolat noir a été dégusté avec une bière Noire de Chambly, Unibroue, 6.2 % alc./vol.  La noire a une finale chocolatée qui se marie parfaitement bien avec le petit goût amer du pain…

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Le Fromentier, 1375, rue Laurier Est, 514 527-3327

Maître Corbeau, 5101, rue Chambord, Montréal, 514 528-3293